Historique de la station

Une base initialement temporaire

Sur la proposition de Paul-Émile VICTOR (fondateur des Expéditions Polaires Françaises et dont l’Institut polaire qui m’emploie porte aujourd’hui le nom), un double projet d’expédition scientifique fut accepté le 27 février 1947 par le Gouvernement français, un en Arctique au Groenland et un en Antarctique en Terre Adélie, afin de positionner la France comme nation majeure de la recherche aux pôles.

L’expédition Antarctique atteint la Terre Adélie en Janvier 1950 et le 20 du même mois, soit 110 ans jour pour jour après le débarquement de Dumont d’Urville en Terre Adélie, un emplacement définitif fut choisi pour la construction de la base. Le site prit le nom de Port-Martin en hommage à J.-A. Martin, membre de l’expédition décédé à bord du navire. Une équipe de 11 hommes sous la direction d’André-Franck Liotard leva le bâtiment principal – une ossature bois, pré-taillée, à poteaux de décharge – et construisit diverses annexes. Celles-ci concernaient principalement les activités scientifiques (magnétisme, géodésie, sondage ionosphérique, optique atmosphérique, biologie, etc.) ainsi que la météorologie. Des antennes de transmission radio et des pylônes d’éoliennes furent édifiées dans les écarts ainsi qu’un abri refuge qui pourrait servir en cas de nécessité.

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Les membres du premier hivernage en Terre-Adélie

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La base de Port-Martin en 1951

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 6 janvier 1951, les 17 membres de l’équipe de relève commandée par Michel Barré débarquèrent à leur tour. Ils agrandirent le bâtiment principal tout en poursuivant et développant les activités scientifiques. Sous la direction de René Garcia, l’équipe suivante prévue pour la relève arriva à Port-Martin le 14 janvier 1952, tandis qu’une équipe réduite, sous la direction de Mario Marret (4 hommes au total), construisait une base secondaire à l’île des Pétrels dans archipel de Pointe Géologie. Dans la nuit du 23 au 24 janvier 1952, un incendie ravagea le bâtiment principal de la base de Port- Martin. Le bateau ravitailleur qui se trouvait encore dans les environs, put évacuer les hommes dont trois s’ajoutant aux 4 initialement prévus furent déposés à Pointe Géologie.

L’Année Géophysique Internationale (AGI) marqua plus tard un tournant pour les expéditions françaises. Elle donna l’occasion de bâtir sur l’ile des Pétrels un vrai camp de base destiné aux recherches liées à l’AGI. L’Île des Pétrels, environ 900 mètre de longueur sur 500 de largeur, fut choisie pour plusieurs raisons :

  • des conditions climatiques nettement plus favorables qu’à Port-Martin : vent catabatique moins violent, blizzard moins fréquent, meilleure visibilité et ciel plus dégagé pour les observations scientifiques,
  • possibilité de construire sur un sol stable (du rocher),
  • partie centrale de l’Île constituée par un plateau d’altitude moyenne de 40m, facilitant les constructions et les observations scientifiques.

La station de Dumont d’Urville, qui doit son nom à l’explorateur ayant découvert la Terre Adélie, ouvrit ainsi le 12 janvier 1956. Une base avancée, la base Charcot, est installée en même temps à 300 km de la côte et à 2.400 m d’altitude non loin du pôle magnétique sud, 3 scientifiques vont y hiverner pendant 2 ans. DDU  est exceptionnellement bien située pour l’étude de la faune. C’est la base de l’Antarctique la plus proche d’une colonie de manchots empereurs, qui a été découverte en 1950. C’est un cas unique. Elle est accessible à pied, alors que dans la plupart des cas les manchotières sont assez éloignées et les chercheurs doivent s’y rendre avec des moyens logistiques lourds. Cette proximité est plus particulièrement appréciable pour les observations hivernales, alors qu’il est difficile de se déplacer.

DDU devait cependant fermer en janvier 1959, à la fin de l’Année Géophysique Internationale. Paul-Émile Victor, fortement impliqué dans les expéditions polaires françaises, obtint finalement l’autorisation et les crédits pour maintenir une activité scientifique en Terre-Adélie. Une mission de 12 membres fut rapidement montée. Elle sera le point de départ d’une occupation permanente qui n’a pas cessé à ce jour. Dumont d’Urville, sur l’Île des Pétrels, allait devenir un observatoire permanent et le support d’opérations scientifiques de grande ampleur.

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L’archipel de Pointe Géologie, où se situe DDU

Spécificités de la station DDU

La station fut initialement conçue pour 20 personnes. La base principale était entourée de 11 petits abris en bois pour différentes utilisations scientifiques et d’un garage pour l’entretien des véhicules chenillés type Weasel et Snowcats. Au gré des expéditions se succédant et des technologies évoluant, la base vit ses bâtiments s’agrandir, se rénover, s’étoffer et de nouveaux équipements scientifiques s’installer.                                                Aujourd’hui, la superficie totale des bâtiments représente environ 5.000 m². Pendant l’hivernage, de mars à novembre, la base héberge entre 20 et 30 personnes (ma mission, la TA67, comporte 24 hivernants) réparties entre les services généraux et les services scientifiques assurant l’acquisition de données pour les laboratoires français impliqués dans les programmes polaires. Durant l’été, les effectifs de la base peuvent monter à près de 100 personnes comprenant : les membres d’un hivernage et ceux de la mission suivante cohabitant le temps d’une passation, des scientifiques venus effectuer des recherches durant l’été austral mais encore le personnel technique affecté aux travaux de rénovation ou d’agrandissement, des hivernants en transit pour la station franco-italienne Concordia au cœur du continent, et même des équipes de journalistes ou de cinéma (une grande partie du film « La marche de l’Empereur » fut tourné à Dumont d’Urville). Nous aurons d’ailleurs cette année l’honneur de cohabiter quelque temps avec deux journalistes de TF1 ainsi qu’une équipe de tournage de Walt Disney (et oui, nous serons de vraies stars !).

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La station Dumont d’Urville en hiver

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La station Dumont d’Urville en été

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